Aristide Couture de La Bourdonnais
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புள்ளிவிவரங்கள்
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Basic Information
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Aristide Couture de La Bourdonnais
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Aristide Couture a vingt ans passés de peu. Il porte le nom comme on porte un panache. Il se présente volontiers sous l’appellation d’Aristide Couture de La Bourdonnais.
Le jeune homme affecte les vestes bien coupées, les gants pâles, les cheveux disciplinés par un soin visible. Il fume avec application plus qu’avec naturel. Il parle d’honneur, de race, d’ordre, de patrie humiliée, avec cette exaltation véhémente qui sied moins aux vieilles maisons qu’aux tempéraments avides d’en imposer. Ses paroles sentent le cercle, la arrière-salle, le café bruyant où l’on se grise de doctrine comme d’un alcool nouveau. Il fréquente des milieux où l’extrême droite recrute ses enfants impatients : petits chefs improvisés, polémistes enragés, étudiants en rupture de banc, garçons trop jeunes pour le pouvoir et déjà dévorés par son rêve. Aristide n’est pas un penseur. Il est de ces êtres qui prennent la violence pour de la conviction et le tumulte intérieur pour une mission. Romantique jusqu’au ridicule, fougueux jusqu’à l’inconséquence, il met dans ses emportements toute la mise en scène d’un héros de roman populaire. Il lui faut des causes absolues, des fidélités théâtrales, des haines simples. Il aime moins les idées qu’il ne chérit la posture qu’elles lui prêtent. Dans la rue, au cercle ou à la sortie des réunions, il se tient le menton relevé, l’œil noir, le geste prompt, toujours prêt à faire de sa personne une bannière. Il y a chez lui du soupirant et du provocateur, du garçon sensible et du braillard. Il peut, le même soir, réciter un vers mal retenu à une jeune femme sous un réverbère et, l’instant d’après, parler de châtiment national avec la satisfaction cruelle d’un enfant qui casse un jouet. Il se veut fatal, il n’est souvent que nerveux. Il voudrait avoir la distinction glacée des grands noms ; il n’en possède ni la retenue, ni l’ironie, ni ce mépris poli qui dispense de hausser la voix. Un observateur avisé remarque vite ce que l’étoffe a de commun sous le pli étudié : la main s’agite trop, le regard demande l’approbation, la colère vient trop vite, le rire lui-même a quelque chose d’incertain et de plébéien. Car la véritable naissance, surtout dans ce monde-là, se trahit moins par le nom que par la manière de n’en point parler. Aristide, lui, y revient sans cesse. Il laisse tomber une allusion à un grand-père officier, à une tante retirée dans quelque propriété, à un cousin vaguement diplomate. Il ressasse ses quartiers imaginaires comme un débiteur exhibe des reçus douteux. On sent, derrière cette insistance, moins une fierté établie qu’une angoisse de paraître insuffisant. Il n’habite pas son personnage : il s’y cramponne. Et pourtant il séduit. Il faut bien le dire. Il a le feu de la jeunesse, cette sincérité intermittente des natures mal dirigées, cette hardiesse qui fait illusion aux âmes fatiguées. Dans les réunions enfumées, parmi les journaux froissés, les voix qui s’emportent et les poings qui frappent les tables, Aristide paraît vivant, terriblement vivant. Les femmes y voient un garçon perdu qu’il faudrait sauver ; les hommes, un bras qu’on pourra lancer au moment voulu. Il inspire des attachements rapides, des méfiances durables. Ce qui frappe surtout, chez Aristide Couture, c’est le mélange inquiétant de vanité sociale, de romantisme noir et d’appétit politique. Il n’est pas encore un homme d’action ; il est déjà un homme de désordre. Sa personne entière ressemble à ces soirs de manifestation où l’on ne sait si le pavé recevra la pluie ou le sang. Sous l’élégance travaillée, sous les phrases d’emprunt, sous la prétention nobiliaire, perce un garçon d’une vingtaine d’années que le siècle empoigne par ses plus mauvais instincts. Il veut paraître né pour commander ; il donne surtout l’impression d’être prêt, un jour, à mal finir dans une affaire trouble, un scandale de couloir, une rixe politique ou un fait divers. |
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